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 We don’t meet people by accident. They are meant to cross our path for a reason • Ft micro pénis ♥

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MessageSujet: We don’t meet people by accident. They are meant to cross our path for a reason • Ft micro pénis ♥   Lun 3 Avr - 19:28


We don’t meet people by accident. They are meant to cross our path for a reason

Mico pénis    

Aujourd'hui, rien ne va comme prévu. Je n'ai pas entendu ce fichu réveil sonné, résultat des courses, je suis en retard. Et comme par hasard, aujourd'hui Juliet n'est pas venue me réveiller en me sautant sur le ventre comme elle le fait chaque matin. « Je veux pas y aller papa. Je veux rester ici pour jouer avec toi » me lance ma princesse assise sur son lit alors que j'ai à peine passé le seuil de la porte de sa chambre. Elle me fait sa petite bouille de chien battu. Celle à laquelle je ne sais pas résister.. Je me dirige vers son armoire pour y prendre sa robe préféré et la lui tend tout en lui signalant que cette fois, le médecin ne lui fera rien de douloureux qu'il s'agit juste d'une visite chez le pédiatre pour contrôler que tout va bien. Dans le fond, je peux comprendre sa réaction. Juliet à passer pas mal de temps à l'hôpital entre 0 et 2 ans. Quelques jours après sa naissance, elle a été hospitalisée pour des problèmes respiratoires qui ont perdurés pendant presque deux ans et qui lui ont valus quelques séjours à l'hôpital il est donc normal qu'elle redoute ce rendez vous.

Je l'aide à terminer d'enfiler sa robe de princesse comme elle l'aime l'appeler puis direction la cuisine pour le petit déjeuner. Je lui prépare le sien et pour ma part, je me prépare simplement une tasse de café, ça ira pour ce matin. Juliet est toujours très longue à prendre son petit déjeuner, d'habitude ça ne pose pas de soucis, parce que je me réveil en conséquence mais là, on est déjà en retard et le fait qu'elle joue la tortue ne va rien arranger. Cependant, je reste à table avec elle jusqu'à ce qu'elle ait terminé. Cela fait parti des nombreux rituels que l'ont partage. Je reste avec elle, jusqu'à qu'elle ait terminé, le matin on se prépare tous les deux en même temps et le soir, je dois rester avec elle jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Certains trouvent qu'on est trop fusionnels, que je devrais laisser ma fille respirer, mais elle est autant demandeuse que moi. Et puis mon travail me prend énormément de temps, alors au moins ces petits moments nous rajoutent du temps ensemble.

Il est environ onze heure du matin lorsque l'on franchit les portes automatiques de l'hôpital. Juliet serre très fort ma main et s'est planté comme un piquet refusant d'avancer. La secrétaire nous regarde d'un œil mauvais car elle attend que l'on vienne s'adresser à elle mais screw you, ma fille passe avant toi, vieille dinde. Je m'accroupit pour me retrouver à la hauteur de ma princesse « Princesse écoute moi. Je te promet que cette fois ci, ça ne prendra pas beaucoup de temps. On va juste parler un petit peu avec le docteur, il va vérifier si tu grandit bien, si tu vois bien, si tu entends bien, tu es une grande fille qui sait parler, qui s'habille toute seule et si tu portes encore des couches, et une fois qu'il aura posé toutes ces questions, on pourra s'en aller. Il n'y aura pas de piqûres, pas de tubes et pas de grosse machine qui fait bip bip, c'est promis. Et si tu accepte de faire tout ça, on ira manger une grosse glace » Bon ok, je fais du chantage à ma fille à coup de glace mais elle à hérité de mon caractère, c'est une vraie tête de mule alors il faut employer les grands moyens. A mon grand soulagement, elle hoche silencieusement la tête et s'avance d'elle même vers le bureau de la secrétaire qui nous fait bien remarqué qu'on est pas mal en retard, merci vieille chouette, j'avais remarqué ! Une fois la paperasse usuelle remplie, elle nous fait patienter dans la salle d'attente, nous précisant que puisqu'on avait du retard, elle n'était pas en mesure de nous dire quand le pédiatre pourrait nous recevoir. J'hausse les épaules. De toute façon, on à que ça à faire aujourd'hui donc ça m'est pas mal égal. Juliet s'installe dans un petit coin prévu spécialement pour les enfants et commence à jouer. Je m'installe dans un petit fauteuil non loin d'elle et je sors mon téléphone pour envoyer quelques mails à mes collègues tout en jetant de temps en temps un œil à ma fille pour être sûr qu'elle ne me file pas entre les pattes dans un moment d'inattention.

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MessageSujet: Re: We don’t meet people by accident. They are meant to cross our path for a reason • Ft micro pénis ♥   Mar 4 Avr - 1:38

We don’t meet people by accident. They are meant to cross our path for a reason

Il était blanc. Un blanc imparfait, un blanc qui en avait vu passer des yeux, qui transpirait la tristesse, la douleur et l’angoisse, un blanc cassé, brisé comme les âmes qui ont pu passer ici avant toi, avant cet instant, avant ces quelques jours. Tu l’avais admiré sous tous les angles. Les pieds sur ton oreiller, la tête à l’envers, le cul sur ton lit, sur cette chaise aux pieds branlants, de la salle de bain, du coin de la fenêtre, tu l’avais fixé des heures, des jours, tu devenais fou. Long soupire qui s’échappait d’entre tes lèvres. Les yeux au ciel, tu désespérais, t’en pouvais plus, t’étouffais. Ta main qui passait dans tes cheveux, sur tes épaules, tu scrutais cette petite chambre stérile et exiguë. Elle t’avait ouvert sa porte quelques jours plus tôt. Elle t’avait accueilli comme une poubelle engloutit un déchet, une chose inutile, usagée, morte. T’avais ouvert les yeux sur ce plafond parcouru de petites fissures qui n’attendaient qu’à s’ouvrir et à vomir l’étage du dessus. Elles te faisaient flipper. Tu t’attendais chaque matin à te réveiller la tête dans le cul d’un patient quelconque. Nouveau soupire. Tu te mordillais la lèvre inférieure. Tes yeux filaient sur les murs, les fenêtres et l’extérieur de cette prison. « Hey » Silence « Hey ! » On ne s’arrêtait pas sur tes gémissements « Putain vous allez venir ! » Elle avait passé le pas de la porte, le visage grave. T’étais une plaie, tu le savais, elle le savait, personne ne disait rien. « J’pourrais sortir quand ? j’en ai marre de moisir dans ces draps. » Elle avait haussé les épaules avant de soigneusement refermer la porte derrière elle pour bloquer les échos de ta voix, de ta mauvaise humeur, de ton attitude exaspérante. T’as levé les yeux au ciel, laissant retomber ta tête sur ton oreiller. Silence. Patience. Tu bougeais nerveusement tes jambes. Tu devais bouger, quitter ce matelas qui prenaient lentement la forme de ton cul, courir, sauter par la fenêtre, partir. Tu t’es levé. Lion en cage, tu faisais le tour de ta chambre une fois, deux fois, temps d’arrêt à la fenêtre, éclair de génie. T’as attrapé tes affaires qui traînaient dans un coin de la pièce. La main plongée dans ton sac tu priais, tu priais pour le trouver, l’attraper, l’effleurer du bout des doigts. Sourire. T’as empoigné le petit paquet en carton avant de le fourrer dans une de tes poches. Quelques pas, la liberté s’offrait à toi. Presque. Elle s’était planté devant toi, les bras croisés sur sa poitrine. T’as haussé un sourcil. T’avais pas le droit de bouger, de quitter ton lit, ta prison, pas maintenant, pas de suite. Long soupire. T’as reculé. Quelques mètres. Le panneau de bois s’était refermé devant ton nez. T’as attendu quelques minutes, l’oreille tendue. C’était l’heure de la pause. L’heure de liberté. T’as entrouvert la porte avant de te glisser à l’extérieur. Agilité féline, tu rasais les murs, t’étais invisible, trop à l’aise dans ce rôle de fugitif, presque trop. On t’a vu, on t’a reconnu, on t’a appelé, t’as détalé. Tu fendais les couloirs, bourrasque sauvage que rien ne semblait arrêter. On se retournait sur ton passage, on essayait de t’éviter, on te hurlait dessus, rien n’y faisait. T’as passé les portes automatiques. L’air frais te caressait le visage, emplissait tes poumons, t’étais bien, t’étais vraiment bien. Tu t’es retrouvé à l’arrière de l’hôpital te collant dans un renfoncement à l’abri des regards indiscrets. Un bout de mort au bord des lèvres, première bouffée, orgasmique. T’en as rêvé. Elle imprégnait ta cage thoracique. Tu profitais, tu savourais, t’allais pas sortir avant quelques heures, quelques jours peut-être, tu savais pas trop, t’avais pas d’informations. Maîtresse toxique consumée, tu l’avais jetée à terre avant de l’écraser du bout de ta chaussure avant de reprendre le chemin de cet enfer d’une marche légère. On te cherchait. Tu voyais ton gardien de prison traverser les couloirs, la salle d’attente, son air grave collé à son visage, tu l’aimais bien, au fond. T’as traversé les portes automatiques avec un groupe d’inconnus tandis qu’on hurlait ton nom avec un fond d’amertume et de colère. Tu ne réagissais pas. Tes yeux s’étaient posés sur une petite fille. L’air  malicieux, t’as posé ton doigt sur ta bouche en murmurant un léger « Chut » Avant de reprendre ta marche en direction de ta chambre en longeant les murs, utilisant les escaliers jusqu’à voir l’entrée de ta cellule se dessiner au loin. Ton lit t’attendait, ton plafond imparfait te réclamait.



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MessageSujet: Re: We don’t meet people by accident. They are meant to cross our path for a reason • Ft micro pénis ♥   Mar 4 Avr - 23:09


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Mico pénis    

En vrai je fais le malin, je rassure ma fille mais en fait, je me rassure moi. Parce qu'à moi aussi ce lieu me rappelle de bien mauvais souvenirs. Certains pourraient dire que j'en fais tout un plat mais quand on voit l'être qui nous est le plus cher au monde sur un lit d'hôpital, avec des fils partout croyez moi que ça fait un choc. Je la revoit encore alors qu'elle n'avait que quelques jours, branchée avec des fils dans son tout petit incubateur, ce jour là j'ai cru que le monde aller s'éffondrer sous mes pieds. Toutes les autres fois aussi. Puis cet endroit me rappel aussi le soir où ma soeur jumelle est morte dans mes bras. J'étais en état de choc après ça, et ils m'ont transportés à l'hôpital. J'y suis resté quelques jours.. Et puis il y'a eu la fois ou j'ai tenté de me suicider. Là j'y suis resté plus longtemps. En fait, l'hôpital et moi s'aime un peu trop je crois..

Je suis tiré de mes sombres pensées par un bordel sans nom qui provient d'un peu plus loin. Des cris, des infirmières qui courent partout, qui scandent le nom d'un patient qui vient visiblement de se faire la malle. Un fou peut être. Juliet commence à s'agiter et rapidement elle vient sur mes genoux pour se faire câliner. Toute cette agitation ne la rassure pas. Je la serre contre moi en lui murmurant que rien ne pourrait lui arriver tant que j'étais là. Elle dépose un bisous sur ma joue et saute de mes genoux pour retourner jouer et moi je retourne à mes mails, tout en jetant toujours un coup d’œil à ma princesse.

Trente secondes. C'est le temps qu'il m'a fallut pour envoyer un dernier mail à mon boss. C'est aussi le temps qu'il à fallut à Juliet pour disparaître. Ma fille à apparemment tailler la route. Putain. Je me lève d'un bond, droit comme un i, je réfléchi. Les portes automatiques qui ménent au dehors ne sont pas très loin mais je connais ma fille, elle est trop farouche pour s'aventurer à l'extérieur toute seule. Tout en essayant de ne pas paniquer je retourne voir la secrétaire peu aimable de tout à l'heure pour lui demander si elle ne l'a pas vu. Elle me répond avec son regard dédaigneux que je n'ai qu'à mieux m'occuper de ma fille au lieu de passer mon temps sur mon téléphone à jouer à Candy Crush. Salope. Je serre les dents pour éviter de l'envoyer sur les roses et je pars à la recherche de ma fille.

Je déambule dans les couloirs. Tout est calme. Les infirmières ont cessé de courir partout et de crier le nom du fou qui s'est enfui tout à l'heure. Je regarde partout autour de moi. Dans les moindres recoins. Juliet à de la ressource et si elle était vraiment perdue, elle saurait le dire à quiconque croiserait son chemin, ce qui me fait le plus peur, c'est l'environnement. Les médicaments à disposition, les seringues, les malades atteint de je ne sais quoi qui traîne dans les couloirs, les plaies béantes. J'en ai des frissons rien que d'imaginer tous ce que les petits yeux innocents de ma fille pourraient voir. J'essaye de rester calme, mais ce n'est pas facile. Si je m'écoutais, j'hurlerais son prénom dans les couloirs et je retournerai tout l'hôpital pour la retrouver, mais les gens ici ont besoin de calme et de repos, pas d'un père paniqué qui n'est même pas capable de surveiller sa fille. L'endroit est immense et j'ai l'impression que ça fait des heures que je cherche. Je monte les étages qui me semblent tous un peu les mêmes. Les murs blancs défilent sous mes yeux et l'odeur si particulière de l'hôpital ne me gêne même plus..

J'arrive en haut d'un énième escalier. Je pousse la porte battante et j'arrive une fois de plus dans un couloir blanc. Les murs blancs, sont recouverts à certains endroits d'affiches colorées prévenant des risques liés à la drogue, à l'alcool et toute autres substances illicites. L'atmosphère est plutôt étrange, malaisante. Je croise quelques personnes, visiblement en manque dans les couloirs qui me regardent en m'implorant du regard de leur filer un truc. Désolé les gars, mais j'suis pas dealer. Des hommes, des femmes, des vieux, des jeunes, des adolescents même, sont entassés dans une espèce de salle commune à s'occuper comme ils peuvent et en essayant tant bien que mal de penser à autre chose qu'au manque qui les ronge petit à petit.. Je continue de marcher en priant très fort pour que Juliet ne soit pas ici..

J'arrive au bout du couloir et je m'apprête à en prendre l'angle lorsque j'entend sa petite voix. J'avance un peu et là, dans une chambre à la porte grande ouverte, je l'aperçoit assise sur un lit, à côté d'un type que je ne connais ni d'eve ni d'adam. Je regarde autour de moi et je crois halluciner quand je vois que la chambre du type en question est à quelques mètres près du poste de soin des infirmières. Comment ont-elle pu ne pas la voir.. J'entre en trombe dans la chambre sans même frapper et sans saluer l'homme à demi assis dans son lit. Je fond alors sur ma princesse qui est tranquillement entrain de lui raconter je ne sais quoi. « Bordel de merde Juliet, ne me refait plus jamais ça d'accord ! » je dis alors en prenant ma fille dans mes bras et en la serrant contre moi. « Papa, on doit pas dire des gros mots. Les dames et les monsieur là bas ils ont crié sur lui, et après on est triste quand quelqu'un crie sur nous alors ze voulait zuste lui prêter mon doudou pour qu'il plus triste » me dit ma fille sans lâcher l'homme sur le lit du regard. Que voulez vous que je réponde à ça sincèrement ? J'ai eu la frousse de ma vie mais ça partait tellement d'une bonne intention. Mais bordel, pourquoi à t'il fallut qu'elle s'entiche d'un tox ? J'ai rien contre eux, moi même je fume mais je m'en tiens seulement à des cigarettes, mais ça aurait pu être dangereux.. Il à plutôt l'air inoffensif mais qui sait, il aurait pu faire une crise de manque à ce moment là et s'en prendre à ma fille. Nouveau frisson. Je dépose Juliet sur le sol pour me tourner vers l'homme qui nous regarde étrangement. Je lui tend alors la main. « Moi c'est Jake et voici Juliet. Je tiens à m'excuser, ma fille n'aurait pas dû vous importuner de la sorte ». L'homme dont je ne connais pas encore le nom me regarde avec un petit air ahuri. Je peux le comprendre en même temps. Je dois tellement passer pour un con à cet instant.. 

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Dernière édition par Jake Lewis le Lun 10 Avr - 16:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: We don’t meet people by accident. They are meant to cross our path for a reason • Ft micro pénis ♥   Sam 8 Avr - 1:34

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Fendre les couloirs, fendre les foules, bourrasque sauvage et indomptable t’avais roulé le personnel, t’avais roulé tes gardiens de prison, t’avais roulé le monde entier pour quelques minutes de répit, quelques minutes de calme, quelques minutes rien qu’à toi. Le bruit des machines, le bruit des âmes en peine coincées dans leurs coquilles vides, leurs coquilles en manque, les tics incessant de quelques frères qui griffaient les murs, s’arrachaient la peau et vendraient leur âme pour quelques lattes, une aiguille dans la veine, un bout de mort. Tu les connaissais, ces symptômes. Araignée qui se glissait dans tes draps sans crier gare, araignée qui s’accrochait à toi et ne filait qu’après ce désir étouffé, et elle revenait, elle revenait toujours sans un bruit, sans que tu ne t’y attendes vraiment, elle te saute à la gorge, t’attrape entre ses pattes et te tire loin, loin du monde, loin de la réalité, loin de tout. Tu détournais les yeux, tu les fermais parfois, les complaintes se perdaient jusqu’à tes oreilles. T’as atteint ta chambre, ta cellule, cette prison au blanc cassé, au blanc sale, tu t’es glissé sous tes draps, l’air de rien, le sourire aux lèvres, le cœur léger. T’avais besoin de distraction, t’avais besoin de bouger, de chercher le monde, piquer les gens autour de toi pour attirer l’attention, te sentir présent, te sentir vivant. Bravo champion. Elle avait débarqué avec son air grave, son visage imperméable à toute positivité. Sa voix résonnait dans cette petite pièce que tu prétendais n’avoir jamais quitté, cette pièce dans laquelle tu prétendais moisir depuis plusieurs jours maintenant sans avoir pu sentir la brise extérieure te caresser la nuque, cette pièce qui transpirait le mensonge, foutage de gueule. Elle s’est approchée de ta petite personne secouant son indexe devant tes yeux comme on le faisait habituellement avec les bambins, les enfants un peu trop curieux, un peu trop aventureux, t’avais dépassé ce stade. T’as haussé un sourcil, affichant cette expression qui t’allait si bien, celle qui titillait les nerfs de ton interlocuteur, l’air moqueur, l’air je-m’en-foutiste. Ta tête qui se secouait légèrement de gauche à droite, ta bouche entrouverte, et ses grands yeux, ses deux billes pétillantes qui avaient l’air de dire « T’es sérieuse là ? Tu me parles comme ça ? J’men fou de ta vie, de tes paroles, de ta gueule » Elle avait tourné les talons en grommelant. T’étais fier. Ta bouche dessinait un sourire laissant ressortir tes canines scintillantes, sale gosse. Sa silhouette avait glissé le long des murs avant qu’une nouvelle ne fasse son apparition dans l’encadrement de la porte, bien plus petite, bien plus innocente. T’as froncé les sourcil, jetant un rapide coup d’œil en direction du morceau de couloir qui était dans ton champs de vision « Hey » Silence « Hey il y a…une gamine, c’est pas la mienne ! » Ignorance « Merde, greffez-vous des yeux putain, vous étonnez pas de perdre des gens. » Surveille ton langage « Merde, j’veux dire, répète pas ce que j’ai dit, il y a que les cons qui parlent comme ça » Belle définition de ta propre image. Elle s’est approché de toi, de ta petite personne, innocente créature qui semblait te repousser, presque t’effrayer, tu glissais de l’autre côté de ton lit en te pinçant la lèvre inférieure « Ecoute, j’sais pas ce que tu fais là mais c’est pas un endroit pour les enfants ici » T’as réalisé, tu t’es rappelé, quelques minutes plus tôt, ces yeux qui avaient croisé ton regard dans ton infiltration, un clin d’œil, tu l’avais attiré ici « Et mais, t’es la gosse d’en bas. Faut pas suivre les gens qui t’font des signes, ils peuvent être dangereux, merde, récupérez la p’tite la » Malheur. Elle avait grimpé sur ton lit, son petit corps fragile non loin du tien, bien plus usé, bien plus meurtri, tu ne la frôlais pas, pour ne pas la contaminer, la blesser. Ses petites mains refermées sur une peluche, elle t’avait tendu son précieux graal sans que tu ne sache réellement comment réagir. Il avait débarqué. Sauveur de tes jours, héro des temps modernes, éclats de voix qui se perdait à tes oreilles, soulagement total « oh merci mon dieu » Ton regard posé sur lui, ses excuses, une main tendue. T’as hésité. Bête sauvage, bête craintive, t’as jeté un œil à ces dix doigts qui n’attendaient que d’être serrés, visage fermé. Tu savais pas, tu savais pas si c’était réel, si c’était par pure courtoisie, par empathie, est-ce qu’il te jaugeait, est-ce qu’il te détestait pour ce que t’étais, est-ce qu’il se méfiait, c’était humain, c’était normal. T’as finalement répondu à son geste, rapidement, furtivement « Charlie » Simple, rapide, il existait des tas de Charlie, des tas de mecs qui se coltinaient ce nom, t’as préféré l’anonymat partielle, question d’survie sûrement. « je, j’sais pas d’où elle est sorti, j’ai essayé d’appeler le personnel mais j’parlais dans l’vent et puis vous avez débarqué…et voilà » Les rôles s’inversaient « ça aurait pu être plus grave mais au moins vous l’avez retrouvé, vous pourrez aller…bah où vous vouliez aller » Sourire furtif, ton oreiller épousant parfaitement la forme de ton crâne, t’as secoué rapidement ta main en direction de ton visiteur surprise avant de réitérer le geste auprès de son paternel, espérant les voir tourner les talons, quitter ta cellule, et t’abandonner aux bras de cette solitude qui t’enlacerait encore quelques temps.



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