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 i'd love to change the world → ft sarah

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MessageSujet: i'd love to change the world → ft sarah   Lun 3 Avr - 2:19

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Bête sauvage prise dans les phares d’une voiture. Tu t’es enfui. T’as détalé loin de la route, loin de ces bagnoles, loin du danger. Le souffle court. Des coups d’œil à gauche, à droite, au-dessus, sous tes pieds. Tu cherchais. Tu fuyais. Quelque chose de mauvais, quelque chose de sale, quelque chose qui aurait ta peau. T’as sorti les mains de tes poches, t’as accéléré, le cœur battant, l’œil pétillant, attentif. Tu courrais. Tu courrais à toute vitesse. Violente bourrasque, tu fendais les foules, tu glissais le long des murs. On s’arrêtait, on t’observait, on chuchotait. Est-ce qu’il fallait te suivre, te laisser courir, aller à contre-sens, t’avais l’habitude. Tu ne prenais jamais les mêmes directions, les mêmes itinéraires, les même destins que le monde qui t’entourait. Tu contournais les vagues, les murs qui pouvaient se dresser devant toi, tu n’affrontais jamais rien, jamais. T’ignorais les issues, tu fonçais tête baissée, tu te ramassais, tu te heurtais aux problèmes, tu refusais les solutions. Une petite ruelle s’ouvrait à toi. Vide, sombre, lugubre, refuge parfait, tu t’y étais engouffré rapidement, sans que l’on ne te voit. T’as marché quelques mètres pour reprendre ton souffle, s’arrêter brusquement, c’était pas bon, il fallait continuer, baisser lentement le rythme, alors t’as fait quelques pas, t’as fait demi-tour, quelques mètres de plus, avant de t’arrêter. Ton dos caressait le mur noir et crasseux de la petite rue. Ta respiration résonnait entre les parois froides, mais ne semblait pas atteindre les oreilles de passants qui se précipitaient et se bousculaient non loin de toi. T’as laissé ton cul embrasser le sol, lentement, pour ne pas attirer l’attention, pour ne pas que les regards se posent sur toi. Un bout de mort entre les doigts, t’essayais de l’allumer, enflammer ce petit morceau garnis de tabac, t’imprégner les poumons de ces émanations mortelles, en vain. Ton corps, secoué par la peur et l’angoisse, ne t’obéissait pas. Tu n’étais plus toi. Tu n’étais plus Charlie. Tu n’étais qu’une âme piégée dans cette coquille, prison de chair et d’os dont tu ne pouvais définitivement pas t’échapper. T’as tout laissé tomber. Ta cigarette roulait, revenait, s’éloignait, bercée par le vent qui te caressait tes joues rougies par cette fuite. Tu l’entendais encore. Il résonnait dans ton esprit, encore et encore, toujours la même détonation, toujours la même sensation. T’as posé tes mains sur tes deux oreilles, t’as fermé les yeux, serré les dents, et t’implorais, t’implorais pour que le monde s’arrête, s’éteigne l’espace de quelques instants. Plus de bruit, plus de sensation, plus d’odeur, juste une pause, rien qu’une minute, histoire de reprendre tes esprits, histoire de te dire que cette explosion n’était rien qu’un pétard, un simple rouleau jeté par des gamins un peu trop turbulents. T’étais passé à côté d’eux par le plus grand des hasards, tu t’es trouvé à cet endroit, à cet instant précis. Ils ne t’avaient pas vu. Ils n’ont qu’aperçu ton visage, tes traits tordus par la peur, pas l’angoisse, ils n’ont qu’aperçu ce mécanisme de survie ayant soudainement activé ton corps, ils n’ont qu’aperçu un homme fuyant pour sa vie, inutilement. Tes muscles qui se contractaient sous ta peau, des crampes naissantes, ça devait cesser, le monde devait s’arrêter. T’as jeté ton briquet contre le mur qui te faisait face. Les éclats brillants sous la lumière blafarde heurtaient le sol dans un bruit de plastique brisé presque inaudible. Toujours les yeux clos, t’as retiré tes mains de ton visage pour venir les poser sur le haut de tes genoux, et tu respirais, et t’essayais de survivre, et tu te voyais mourir. Tes poumons se remplissaient péniblement. Tu te mordillais la lèvre inférieure. T’attendais que ça passe, t’avais que ça à faire, on ne t’attendait pas, on ne te voyait pas, petite bulle increvable, impénétrable, tu prenais ton temps. T’as brusquement ouvert les yeux. Ils s’étaient perdus à tes oreilles. Un, deux, trois, des semelles qui claquaient contre le sol froid, dur, ça résonnait, ça s’approchait. Ton cœur avait raté un battement, ton corps traversé d’une secousse, tu t’es rapidement retourné vers l’âme qui s’approchait de toi, qui avait percé ta bulle. T’as plissé les yeux, mis ta main devant tes yeux, barrière contre cette lumière artificielle qui t’empêchait de distinguer clairement le visage de cette personne. Cette personne qui s’était immisçait dans cette rue, à cette heure, et en cet instant.
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MessageSujet: Re: i'd love to change the world → ft sarah   Lun 3 Avr - 16:01

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Comme un enfant abîmé. Perdue dans ses nuits oubliées. Dites-moi comment faire semblant. J’me perds dans la machine du temps. Comme un enfant abîmé. Dans un décor inanimé. Dites-moi comment faire semblant. J’me perds dans la machine du temps.

Tu déambules dans la ville. L’air frais de la nuit fouettant ton visage de poupée. P’tite colombe qui vole à travers la rue. Tu devrais déjà être chez toi depuis bien longtemps. Longtemps que ton corps aurait dû rejoindre ce lit doux et tendre. Refuge pour tes nuits. Refuge de tes nuits mouvementés d’image que tu souhaiterais ne pas voir défiler. De souvenir qui poignarde à chaque fois un peu plus ton pauvre cœur déjà bien brisé. Tes pieds foulent se sol poussiéreux. Tu passes devant chaque ruelle en te demandant si un jour ton frère ses pieds les avaient aussi foulées. S’il avait fait toutes ses choses-là. Ces choses qui l’avait conduit à l’endroit où il est aujourd’hui. Six pieds sous terres. Six pieds trop loin de toi. Tu n’as pas envie de rentrer. Pas maintenant. Tu veux continuer de déambuler. Déambuler. Danser au rythme de la brise de la soirée. Pensées qui te hantent. Milles pensés. T’ne sais plus trop. T’ne sais plus où en est ta vie en ce moment. Perdue. Pommée. C’est ainsi. Ainsi que tu es. Passant d’une idée à une autre. D’une pensée à une autre. Sans fil conducteur. Sans fil tout court. Sans aucun sens. Aucun sens, comme ta vie. Tu laisses la nuit te porter. Te guider. T’en as besoin. T’en as besoin après les heures passaient entre quatre murs à servir des personnes qui noient leur chagrin dans des verres. Ils ne savent pas. Ils savent pas, que demain ils n’en auront que plus mal. Que la douleur n’en sera que plus douloureuse. Que la réalité reviendra au galop. Que la vérité claquera de nouveau. Rien n’y fait. Rien n’y fera jamais rien. Sur le moment t’te sens bien. Libéré. Allégé. Mais ce n’est que de l’illusion. L’alcool jouant le rôle du magicien. De l’hypnotiseur. T’te sens petit oiseau. T’te sens prêt à tout. T’te sens prêt à jouer. Prêt à profiter de ses quelques heures. Prêt à danser les tables. A hurler au monde entier tes malheurs. A fracasser la cause de tes problèmes. D’avouer des choses inavouables. Toi. Toi p’tite barmaïd que tu es. T’en as vu passer. T’en as entendu des choses. T’as tout vu. T’as tout entendu. T’connais la vie de quelques personnes de cette ville, sans même qu’ils s’en souviennent. Sans même qu’ils le sachent. T’n’es que celle qui sert des verres. Qui crée des cocktails. Passage furtif dans une vie. T’as tes propres malheurs. Tes propres douleurs. T’continue de sourire. D’être serviable. D’écouter. P’tit cœur brisé que t’es. Regard qui croise des visages. Des attitudes. Des regards. Ton regard qui se baisse. Tes pas qui s’accélère. T’as envie de leur hurler de rentrer chez eux. De retrouver leur famille. Profiter tant qu’il est encore possible de le faire. Au lieu de se tuer à p’tit feu avec ce que ton regard à croiser. Mais t’ne dis mot. T’trace. Langage de sourds. T’sais que ce des mots qui rentrent et qui sortent aussi vite. Tu n’as rien à dire. T’avance. T’avance. Tes pas qui continue de fouler ce sol poussiéreux. Ce sol sale. T’sais que t’vas devoir rentrer chez toi. Qu’il le faut. Maintenant. Que t’dois retrouver ton refuge. Ton p’tit cocoon. Que t’dois aller retrouver Jamie. Que t’dois te reposer. Trouver calme et sérénité dans ses bras. T’le dois. Il le faut. P’tite colombe doit rentrer dans son nid. Mais p’tite colombe est attirée par quelque chose. Par quelqu’un. P’tite colombe curieuse et inquiète à la fois. Tes pieds qui foulent. Qui claquent. Sur le sol de cette ruelle. P’tite voix qui te dis de fuir. P’tite voix qui te dis de ne pas faire un pas de plus. De tourner les talons et de partir. Partir loin. Loin. Loin. Rejoindre ton nid.  Moi toi. Toi t’ne peux pas. Tes pieds continuent de claquer et résonner dans la rue. Ton regard qui se pose sur la silhouette. Sur l’homme qui se dessine sous tes yeux. Sous ton regard. Il comprend que t’es là. T’es pas discrète. Tes pas s’arrêtent. Froncement de sourcils. Sensation que quelque chose ne va pas. Curiosité piquée. Inquiétude qui pique ton ventre. Ton p’tit cœur discrètement qui s’accélère. Ta voix douce et calme qui finit par ricochet sur les murs froid et sales de la rue. « hey…. Ça va ? ». T’savais pas trop quoi dire. Ton p’tit corps frêle et fragile qui lui barre le passage sans même le vouloir.
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C'est vide là. Dans toutes les pièces là. Dans tous les cœurs là. C'est plus la même là. C'est vide là. Où y avait les rires là. Où y avait la fête là. Et ça fait mal là. Alors on danse encore. Sur les mêmes musiques, les mêmes pas. On s'embrasse on s'embrasse encore plus fort. Comme si c'était là la dernière fois. Aussi loin que tu pars...Ton sourire en écho. Ton sourire en écho. Reste là sur ma peau

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MessageSujet: Re: i'd love to change the world → ft sarah   Dim 9 Avr - 1:15

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T’avais couru jusqu’à cet endroit, t’avais descendu les rues, bravé les foules jusqu’à cette petite rue. Elle était là, elle existait, on y prêtait pas attention. Il n’y avait pas de boutiques de luxe, à peine assez de place entre ces deux murs pour que deux âmes s’y croisent, on ne s’y aventurait pas, on n’y mettait pas les pieds, pour un raccourcis peut-être, reprendre son souffle, faire une pause. Ton corps s’était glissé dans cette veine dont pas mal d’habitants ignoraient l’existence, t’avais posé son cul sur le sol, coupé du reste, coupé du monde. C’était pas grand-chose, une mauvaise blague, un geste maladroit, des bambins qui s’amusaient, jouaient avec le feu, et avaient malencontreusement ravivé cette peur, cette angoisse qui te rongeait et te hantait, elle te prenait à la gorge, elle te serrait entre ses griffes, elle t’étouffait, tu ne pouvais qu’agoniser. Ça passait parfois, ça prenait quelques minutes, quelques heures, tonnerre grondant dans ton esprit, il résonnait dans ta cage thoracique, te compressait la poitrine, paralysie temporaire. On déambulait dans les rues, on riait, on se bousculait, le monde continuait de tourner sans toi, sans ta petite personne, fantôme insignifiant. Elle s’était pourtant montré, elle. T’avais entendu ses pas, le claquement de ses semelles sur le béton froid résonnait entre les pierres et se perdait à tes oreilles. T’avais levé la tête. T’avais plongé ton regard dans le sien sans trop comprendre pourquoi elle, pourquoi maintenant, qui aurait l’esprit assez tordu, assez aventureux pour s’égarer volontairement dans cette rue, près de ta petite personne recroquevillée dans un coin, chien galeux que l’on ne se risquerait pas à prendre dans ses bras. Doux éclat de voix qui courait la rue, s’adressait à toi, quelques mots. Ta poitrine qui se soulevait et se baissait, rythme rapide qui calquait celui de ton cœur, pas de réponse, pas de suite. Ton regard qui filait en direction de la rue principale, qui revenait sur elle avant de repartir à nouveau, t’étais pas rassuré, t’étais paniqué, t’étais bloqué, on pouvait venir, t’attraper et te tabasser dans coin, tu ne bougerais probablement pas, tu ne pouvais pas. T’as froncé les sourcils. Bête sauvage que l’on venait de surprendre dans un moment de faiblesse, un moment que le monde ne devait voir, tu te protégeais sous tes airs de grand bonhomme, des airs seulement « Je »  Deux lettre, un mot qui ne voulait pas dire grand-chose, un mot sans importance qui s’était perdu dans les rues, un mot qui montrait seulement que t’avais une voix, que t’étais pas sourd et muet. Tes muscles crispés sous ta chair provoquaient de crampes que tu tentais de dissimuler, ta poitrine, toujours compressée, t’empêchait de sortir la moindre phrase, coquille collée au sol, tu fixais ton interlocutrice « Oui » On avançait « Oui, ça va » On avançait dans le mensonge, dans le déni, ça n’allait visiblement pas « Je suis » Paniqué, angoissé, apeuré. T’as glissé ton cul un peu plus loin d’elle, discrètement, lentement, avant de rapprocher tes jambes contre ta cage thoracique, la tête collée au mur « j’ai sûrement un peu trop bu » L’excuse de l’alcoolique venu vomir dans son coin à l’abri des regards indiscrets, c’était malin, c’était plausible, l’heure avancée de la nuit jouait en ta faveur. Grande et pénible inspiration « j’vais rester là encore un peu, le temps que ça s’calme » T’as fermé les yeux sur ces paroles espérant entendre le claquement de ses semelles s’éloigner de toi et tes démons qui n’avaient cessé de rôder autour de ta petite personne, t’espérais ne plus voir sa silhouette plantée devant toi, t’espérais te réveiller un peu plus tard dans la nuit, au petit matin, et pouvoir détacher ton cul de ces pavés crasseux pour rentrer chez toi.



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MessageSujet: Re: i'd love to change the world → ft sarah   Dim 9 Avr - 18:36

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Comme un enfant abîmé. Perdue dans ses nuits oubliées. Dites-moi comment faire semblant. J’me perds dans la machine du temps. Comme un enfant abîmé. Dans un décor inanimé. Dites-moi comment faire semblant. J’me perds dans la machine du temps.

T’es là dans cette p’tite rue. Ton p’tit corps qui fait obstacle. Intriguée. Inquiète. T’as rien à faire ici. T’devrais être chez toi. Loin d’ici. Au chaud. Loin de cette fraîcheur nocturne. T’aurais pu partir. Tourner les talons. Courir. Courir à travers la ville. Te cloitrer chez toi. Entre tes quatre murs. A ruminer. Ruminer tout ce qui se passe dans ta p’tite vie. Tes pertes. Et ce que t’as. Ce que t’as aujourd’hui. Ce qui t’as mené jusque-là, pas à pas. Décision après décision. Bonne ou mauvaise. Qu’en sais-tu. Elles sont peut-être les deux à la fois. Oublier un instant que ton frère n’est plus là. Oublier un instant qu’un p’tit être grandi en toi. Oublier un instant que le père c’est Jamie. Celui que t’es censé détester. Que t’as détesté au plus profond de ton être. D’être là lui. Et pas Liam. Et au lieu d’être chez toi. A ruminer tout ça. A penser à tout à ça. A te poser des millions. Des milliards de questions. T’étais là. Tu t’étais engouffré dans cette p’tite rue. Sensation que ta place est ici en cet instant. Pas ailleurs. Ici. Ta question qui ricoche sur les murs crasseux. Ta voix douce, calme. Qui contraste avec ta tempête intérieure. Ton regard océan qui se pose sur lui. Son regard qui se pose dans le tient. Incompréhension. Peut-être. Il doit se demander ce que t’fiches là. Il serait pas le seul. T’te poses la même question. Tête qui se penche de côté. Curiosité. Perplexité. T’aimerais comprendre. Destin de deux âmes qui doivent se rencontrer. Qui doivent se croiser. Fil invisible de deux vies qui se doivent de s’entremêler. Pour une minute. Deux. Dix. Une heure. Une vie. Lien qui se font et se défont. Ce soir ce n’est pas par hasard que t’es là. T’le sais au fond de toi. T’aimerais juste comprendre pourquoi. Sa voix qui finit à son tour par briser le silence de cette fraîche nuit. Un mot. Froncement de sourcils. Sourire qui se dessine doucement. Encouragement à poursuivre. Un « oui » qui finit par sortir. Il allait bien disais t-il. T’l’as connaissais la chanson. Sourire. Dire que ça va. Alors qu’en fait c’est tout le contraire. Beaucoup l’aurait cru. Aurais haussé les épaules dans un accord et tourner les talons. Mais toi t’es pas dupe. T’as déjà fait le coup plusieurs fois. Alors non, t’y  crois pas. On est pas là. Dans cette p’tite rue. A cette heure-ci. Si tout allait bien. Ta tête qui se secoue doucement de droite à gauche. De gauche à droite. Non. Non. Ses fesses qui avait fini par se poser sur ce sol poussiéreux et crasseux. Il te dis qu’il a surement trop bu. Possible qu’en sais-tu. Mais t’te sens pas de le laisser. T’as pas envie en fait. Non. T’as pas envie. Il reste là. Pour se calmer. D’accord. Pas de soucis. T’es prête à rester avec lui. T’vois ses yeux qui se ferme sur ses dernières paroles. Il espère sans doute que ton âme fera demi-tour. Que tes talons se tournerons. Qu’il n’entendra plus jamais parler de toi. Mais non. Non. Il t’connais pas. T’es pas de ces gens qui abandonne les autres ainsi. Tes pas qui franchise la distance qui te sépare de lui. Tes fesses qui rejoignent à leur tour le sol crasseux. Un soupir qui s’échappe d’entre tes lèvres. Ton regard océan qui se plante dans l’immensité étoilé qui se trouve au-dessus de ta tête. « j’ai pas envie de rentrer chez moi…alors j’vais rester un peu avec toi, en attendant que ça se calme… ». Ordre. Pas le choix. Il n’avait pas le choix à vrai dire. Ton p’tit corps allait encore rester poser à côté de lui. Ton regard océan encore se posé sur lui. Et ta chevelure arc-en-ciel lui offrir de la couleur dans ces ténèbres. Un sourire amical qui se dessine sur tes lèvres, doucement. Délicatement. « sarah, je m’appelle sarah ». Autant faire les présentations de suite. Histoire qu’il se souvienne du nom de la folle qui est entré dans son univers cette nuit-là. « t’as pas un endroit où rentrer ? te reposer ? dormir ? quelqu'un à retrouver pour te sentir mieux… ». Curiosité. Toujours curieuse de tout. Et pourtant. Toi. Toi t’détestes qu’on te poses ce genre de question. Ton regard océan qui une nouvelle fois se pose doucement sur lui.
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C'est vide là. Dans toutes les pièces là. Dans tous les cœurs là. C'est plus la même là. C'est vide là. Où y avait les rires là. Où y avait la fête là. Et ça fait mal là. Alors on danse encore. Sur les mêmes musiques, les mêmes pas. On s'embrasse on s'embrasse encore plus fort. Comme si c'était là la dernière fois. Aussi loin que tu pars...Ton sourire en écho. Ton sourire en écho. Reste là sur ma peau

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MessageSujet: Re: i'd love to change the world → ft sarah   Jeu 13 Avr - 2:09

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Il était froid, il était sale, il empêchait ton corps de s’enfoncer plus loin, de disparaître dans les abysses, les entrailles de la terre. Un entre deux. Tu ne flottais pas, tu n’étais pas traîné vers le bas, t’avais les pieds sur terre. Tu t’étais engouffré dans cette petite rue que t’avais choisi, cette petite rue qui accueillait les âmes perdues, les âmes en détresse, cette petite rue au milieu de laquelle tu te voyais mourir mille fois. T’avais trouvé entre ces quelques murs crasseux, tagué d’un millier de mots et de dessins, un refuge, une bulle où tu pouvais te laisser submerger par tes émotions l’espace de quelques instants, quelques minutes, quelques heures sûrement. Et tu pouvais hurler, et tu pouvais pleurer, et tu pouvais t’allonger sur le bitume, tu pouvais l’embrasser tant que tu le voulais, y laisser quelques larmes, y laisser quelques lambeaux de ton existence, on ne s’inquiéterait pas, on ne s’inquiétait jamais. On détournait le regard lorsqu’une âme se perdait entre ces parois, on ne prêtait pas attention aux gémissements, à la tristesse, à la colère, aux sentiments qui dégoulinaient d’un corps fatiguée, d’un corps las de déambuler, d’une carcasse qui ne pouvait affronter les foules. Alors tu les as quitté, eux, les passants de cette grande avenue, pour faire une pause, pour reprendre ton souffle, pour t’autoriser à craquer à l’abri des regards indiscrets, des chuchotements qui pouvaient fuser à gauche, à droite, du monde, tout simplement. Des pas qui résonnaient, des éclats de voix qui glissaient entre les murs et venaient mourir au loin sans jamais atteindre les foules, elle s’était elle aussi perdu, peut-être, tu ne savais pas, tu ne cherchais pas à connaître la raison de sa venue, de ses mots. Elle s’inquiétait pour toi, c’était sûrement une question de bon sens, d’humanité, de bonne conscience, t’en savais trop rien, tu t’en fichais. Tu lui avais lancé à la figure une excuse toute faite, toute bête. Celle d’un vieil ami qui était venu te rendre visite, qui s’est immiscé dans ton existence en quelques verres à peine. Fourbe qui te brouillait la vue, te retournait l’estomac, il te faisait de l’effet. Elle allait y croire, elle allait rire sous ton nez, elle allait tourner les talons sans un mot, sans un dernier regard, elle allait sortir de ta bulle, de ton refuge, elle allait te quitter, tu l’espérais. Les yeux clos, ta poitrine se soulevait avec beaucoup de difficulté, grimace, c’était pas terminé, pas encore, t’entendais encore la détonation dans ton esprit qui s’éloignait lentement, trop à ton goût. Il y avait du mouvement. Un corps s’était glissé à côté de ta carcasse. Une voix recouvrait le bruit désagréable de ce malheureux rouleau ayant éclaté trop près de toi. Elle se justifiait, tu t’en foutais. T’as pas pris la peine de lui répondre, de poser ton regard sur elle, de lui décrocher un sourire, rien, rien du tout. Elle continuait, déclinait son identité, comme une tentative de rapprochement, une main tendue, un début de conversation, est-ce que tu voulais parler ? Est-ce que tu te sentais capable de sortir quelques mots, la gorge serrée, l’esprit occupé ? Silence. Et à nouveau sa voix, et à nouveau ses questions. « Oui » Rapide, expédié. Tu rentrerais, un jour, tu rentrerais dans ton appartement miteux retrouver ton lit, tes draps ton oreiller, et tu te réveillerais pour recommencer à vivre, essayer d’avancer tout en étant enchaîné.  « J’habite ici, dans l’centre, pas loin » Ton adresse plutôt que ton prénom, c’était étranger, c’était bizarre, c’était pas le déroulement logique d’une conversation entre deux âmes issues du même monde, présentes dans une même rue. Inspiration, expiration, t’avais pas rouvert tes yeux, on aurait pu te voler, t’attaquer, t’embrasser, te caresser en quelques secondes à peine, t’aurais pas le temps de réagir, de comprendre, d’anticiper, de planifier. Tes bras sur tes genoux recroquevillés contre ta poitrine, ton front qui venait s’y poser à son tour, tu ne bougeais pas, tu respirais à peine, statue de chair. « Charlie » T’as senti que c’était le moment propice aux présentations, c’était rapide, tu pouvais pas plus, tu pouvais pas moins, c’était à prendre ou à laisser. Silence. T’étais resté dans cette position quelques minutes, muet, à patienter, à attendre, à espérer. Claque. Des rires. Tu t’es soudainement levé, gibier aux aguets, t’as reculé, quelques pas précipités alors que ton regard se posait sur l’avenue en face de toi, un simple ballon venu mourir sur le sol, une simple bulle de plastique remplie d’air. T’as pas assuré tes arrières. Tes pieds ont butés contre une chose non identifiée, quelque chose de lourd, quelque chose qui ne bougeait pas, perte d’équilibre, ta carcasse a basculée contre une pile de cagots mariés à quelques poubelles en ferrailles, brouhaha. Ton corps a finalement embrassé le sol dans un fracas monstres, tes os qui s’entrechoquaient, ta chair contre le bitume crasseux, douleur.



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