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 Remember the day ♦ Noah

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MessageSujet: Remember the day ♦ Noah   Ven 8 Juil - 15:17

Noah McDermott
Only fools fall for you

   
NOM COMPLET ○ Noah McDermott.  ÂGE ○ 24ans. DATE ET LIEU DE NAISSANCE ○ Edimbourd, un 6 novembre. NATIONALITÉ, ORIGINES ○ un pur écossais. MÉTIER ○ étudiant en photographie. ORIENTATION SEXUELLE ○ euhh.... hétéro? bi? gay? franchement c'est un peu le bordel là. STATUT CIVIL ○ en couple il parait.  GROUPE ○ lie and wait.   AVATAR ○ Julian Schratter. DEVANT D'UNE PETITE HISTOIRE C'EST ○ café noir CRÉDIT ○ Tearsflight pour l'avatar.  

   
   
il a toujours entendu ses parents se disputer, maintenant qu'il est assez grand pour y penser, il se dit qu'il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'ils se séparent un jour, mais sur le moment, avec ses yeux d'enfants il en a souffert ✰ il a longtemps joué au foot, pour faire plaisir à son père plutôt que par envie, même s'il n'était pas mauvais ✰ il préférait passer sa vie derrière son appareil photo, mitraillant les lieux et les personnes qu'il aimait et surtout Simon même si ce dernier détestait ça ✰ il est fou de ketchup et en met à peu près partout ✰ il a commencé par faire des études de droit pour faire plaisir à son père mais a laissé tomber car il détestait ça, c'est l'une des rares fois où il s'est vraiment opposé à son père ✰ son père est certainement l'une des personnes les plus importantes dans sa vie, il a toujours cherché à faire en sorte qu'il soit fier de lui ✰ il lui a même pardonné les nombreuses fois où il s'emportait en public ✰ il ne boit que rarement, il a vu trop souvent les dégâts que cela provoquait sur son père ✰ il est assez sociable et amicale quand on le connait bien mais en général il est plus à l'aise en petit comité, planqué derrière son appareil photo ✰ il a un tatouage au niveau de la cuisse droite, un appareil photo stylisé qu'il s'est offert quand il a eu dix huit ans ✰ de sa tentative de suicide, il lui reste une cicatrise au niveau de la tempe droite qu'il cache avec ses cheveux, ainsi qu'un immense trou noir  

   
Aurore

   
ÂGE ○ 2ans... d'âge mental. PAYS ○ Sud ouest!!!!!. COMMENT AS-TU CONNU LE FORUM ? ○ par une amie qui est arrivée avec moi. FREQUENCE DE CONNEXION ○ autant que possible, ça dépend du boulot LE PETIT MOT DE LA FIN ○ NUTELAAAAAAAAAAAAAA!!!!!!!!!!!!!!

   
Code:
<faqq>JULIAN SCHRATTER</faqq> → <i>noah mcdermott</i>
   


Dernière édition par Noah McDermott le Ven 8 Juil - 16:30, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Remember the day ♦ Noah   Ven 8 Juil - 15:17

This is a long story
I need time to replace what I gave away
On dit souvent que ce sont les rencontres que l’ont fait qui marquant notre vie. Que chaque personne que l’on croise dans notre vie, la façonne à sa manière. Je ne suis pas d’accord. Dans ma vie, ce ne sont pas les personnes que j’ai connu qui ont fait de moi ce que je suis, ce sont celles que j’ai perdu. Elles sont trois à m’avoir marqué plus particulièrement que d’autres. Je vous épargnerais les épreuves ridicules du style « ma grand-mère est morte quand j’avais deux ans ». Oui elle est morte quand j’avais deux ans et non je ne m’en souviens pas. Et je vous épargne aussi les histoires sur mon hamster mort parce qu’il s’est échappé de sa cage et qu’il est passé dans l’aspirateur. Ou de mon chien qui a été écrasé par la voiture du voisin. Ce n’est pas important. Ce ne sont pas ses histoires qui m’ont profondément marqué. Ce sont ces trois autres…

La première personne que j’ai perdu, ce fut ma mère. Elle est parti un matin sans un au revoir ni un je t’aime, sans un mot ni même une explication. Elle est partie, comme si c’était évident, comme si c’était la suite logique de son histoire avec nous. Elle a rencontré mon père. Elle a certainement dû l’aimer puis qu’elle a fini par l’épouser. Ils devaient même être heureux à un moment donné car ils ont décidé de m’avoir. Ou alors, hypothèse plus probable, je n’ai été qu’un accident. Ils se sont peut-être rencontrés à un moment, ont couché ensemble, puis je suis arrivé sans qu’ils le veuillent. Alors forcément ils ont bien été obligés de se marier et de me garder, maintenant que j’étais là. Je ne sais pas laquelle des deux options est juste. Ils ne m’en ont jamais parlé. Mais vu ce dont je me rappelle, je pencherais plutôt pour la seconde option.

Je ne peux pas dire qu’elle ne m’a jamais aimé, ni même le contraire. La vérité c’est qu’elle a toujours été indifférente à mon égard, comme envers mon père. Les rares fois où je les entendais parler, c’était le soir quand j’étais couché, quand ils pensaient que j’étais profondément endormi et qu’ils choisissaient ce moment pour commencer à se crier dessus. Je ne saisis pas ce qu’il disait ou alors quand je l’entendais, ces mots étaient dénués de sens pour moi.

Ca n’a donc pas été une surprise quand elle est partie. Elle n’a rien dit. Pas de cris, pas de dernière parole lourde de sens, juste elle… partant de la maison, fermant la porte derrière elle et ne revenant jamais.

Pour mon père ça a été un coup dur. Il s’est plongé dans l’alcool pour oublier le départ de sa femme. Malgré son mauvais penchant, pour moi il a toujours été un père formidable. Il m’emmenait aux matchs le week end. On prenait des hot dogs et on passait le match à discuter ensemble. On allait dans le parc et on s’entrainait à jouer. Il avait espoir que je rentre un jour dans l’équipe de mon école. Je n’ai jamais eu le courage de lui dire que je n’aimais pas jouer au foot. Il était tellement fier et j’aimais tellement le voir dans les gradins entrain de m’encourager.

Je pouvais tout lui pardonner. Ses accès de colère qui lui faisait briser la vaisselle dans notre petit appartement. Les crises qui le prenaient par moment quand on sortait. Ce n’était rien. Il ne s’était jamais pris à moi. Il criait mais c’était tout. Ce n’était pas important. Il était toujours là pour moi et c’était ce qu’il y avait de plus important.

Je n’avais que lui dans ma vie. Lui et Simon…

Simon c’est… la seconde personne que j’ai perdu dans ma vie. Je l’ai connu, je ne saurais même pas dire quand en fait. J’ai l’impression qu’il a toujours été là, qu’il a toujours fait partie de ma vie. Rares sont les souvenirs de mon enfance auquel il n’est pas rattaché. On était amis, le meilleur ami même que j’aurais pu avoir. Il était davantage que ça. Je ne dirais pas qu’il était un frère à mes yeux, je l’aimais davantage que je n’aurais jamais pu aimer un frère. Quand il y avait une nouvelle bêtise à faire, Simon était là et on la faisait ensemble. Si je m’ennuyais, Simon était là pour venir jouer avec moi. Si je me sentais mal, il était encore là, prêt à me consoler.

Je ne voyais rien de mal dans ce que nous faisions à l’époque. C’était naturel pour moi. Je ne voyais pas pourquoi je me serais retenu d’être aussi proche d’une personne que j’aimais autant.

C’est lui qui m’a réconforté quand ma mère est partie. C’est dans ses bras que j’ai pu me laisser aller à pleurer. Avec mon père ce n’était pas possible. Il était trop effondré par son départ pour pouvoir penser à autre chose qu’à sa propre douleur. Alors je suis partie voir Simon. Je ne voyais pas ce qu’il y avait de mal là non plus. J’avais besoin de réconfort et mon ami était là pour moi. Je n’avais même pas dix ans à l’époque et rien de ce qu’on faisait ne me semblait mal.

Les années ont passées et notre complicité n’a fait que grandir de jour en jour. Je ne sais plus à quel moment les gestes de son amitié se sont transformés en davantage. Est-ce que c’était cette fois au bord du lac quand je suis tombé dans l’eau, qu’il m’a tendu sa main pour m’aider à sortir de l’eau et que nos mains se sont attardés quelques secondes de plus l’une serrée contre l’autre ?Est ce que c’était déjà bien avant, quand nous n’étions que deux gosses et qu’on jouait à se chatouiller, voir lequel de nous deux craquerait en premier, que nos corps se collaient un peu trop et restaient un peu trop longtemps ainsi après que nos éclats de rires aient cessés? Je ne sais pas. Par contre je me souviens avec netteté de notre premier baiser. Comment on en était arrivé là je ne m’en souviens pas par contre. C’était un après-midi comme un autre. Nous étions tous les deux assis côte à côte à discuter de tout et de rien. On s’est mis à rire. Je ne sais plus pourquoi. Probablement une connerie que l’un de nous deux avait dû dire. Puis on s’est figé, réalisant pour la première fois à quel point on était proche l’un de l’autre. J’ai attendu, déglutissant difficilement tandis que mon regard se fixait sur ses lèvres. Je me souviens à quel point elles me tentaient. Je ressens encore nettement la sensation de ses doigts tout contre ma peau tandis qu’il passait sa main derrière ma nuque. Puis la douceur de ses lèvres contre les miennes. La plus belle chose que j’ai jamais goûtée de ma vie. Leur souvenir reste encore gravé profondément dans ma mémoire. Sensation indélébile que rien ni personne ne pourra jamais m’ôter.

Je ne voulais pas vraiment me poser de questions à l’époque. Je tenais à lui, plus que je n’avais jamais tenu à personne. Je chérissais chaque moment que je passais avec lui, chaque étreinte, chaque baiser échangé passionnément. La première nuit que nous avons passée ensemble reste un des meilleurs moments dans ma vie. Découvrir ses lèvres était délicieusement bon mais son corps… je ne pouvais plus me passer de chaque parcelle de sa peau. Quand j’étais avec lui, je n’arrivais plus à réfléchir correctement. Il n’y avait que lui qui comptait, le reste n’avait aucune importance. La morale, ce qui était bien, ce que l’on faisait, tout cela ne m’atteignait plus. Je voulais juste profiter de ce que nous vivions et en savourer chaque seconde. Jusqu’à ce jour-là…

On était dans ma chambre, enlacé l’un contre l’autre. On ne parlait presque pas. On se contentait de quelques mots et de baisers échangés par moment. On était étendu sur mon lit, nos jambes entremêlées tandis qu’une de mes mains venait se perdre dans le creux de ses reins. J’étais merveilleusement bien, jusqu’à ce que mon père frappe un bref coup à ma porte et n’entre pour nous découvrir ainsi.

Il ne s’en était jamais pris à moi. Il ne m’avait jamais crié dessus. C’était toujours aux autres ou contre lui-même ou la vie en général que ses cris étaient dirigés, jamais contre moi. Il m’a fait prendre conscience de ce que je faisais. Je n’y avais jamais pensé. C’était naturel. Ca s’était fait tout seul, s’était devenu une évidence sans que je m’en rende compte. Je ne pensais pas que ce que je faisais être contre nature ou mal.

Il a passé la soirée à me crier dessus et à me faire la morale. Il m’a montré à quel point ce que nous faisions n’était pas bien. Puis il m’a appris la vérité sur le départ de ma mère… C’est à cause de moi qu’elle est partie. Elle avait vu qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas chez moi. Elle avait su voir qu’il y avait plus que dans l’amitié dans nos jeux d’enfants à Simon et moi. Je l’ai dégouté. Elle ne supportait pas l’idée d’avoir un fils qui soit un tel dépravé. Alors elle est partie…

Mon père n’avait pas voulu y croire à l’époque. Il était persuadé que nous n’étions que des amis Simon et moi. Et maintenant il se rendait compte à quel point il avait eu tort. Mais il ne partirait pas, il ne me laisserait pas. Il allait m’aider mais pour ça il fallait que j’y mette du mien et que j’arrête de voir Simon.

Et je l’ai fait… je l’ai perdu… parce que c’était la meilleure chose à faire…

J’ai fait de mon mieux pour avoir une vie normale et réussir à l’oublier. Je me suis plongé dans mes études et j’ai obtenu une bourse pour aller à la fac. Mon père était au comble du bonheur. Il n’avait pas les moyens de me payer la fac. Mais entre ma bourse et mes petits boulots j’arrivais à peu près à m’en sortir. J’ai même rencontré une fille.

Ce n’était pas comme avec lui, ça n’avait rien à voir. Je l’aimais beaucoup. Elle était vraiment adorable. Le genre de fille dont n’importe qui serait tombé amoureux facilement. Mais je n’arrivais pas à le sortir de mon esprit. Elle me semblait tellement fade à côté de lui. Même nos baisers n’étaient rien à côté de ce que j’avais pu vivre avec lui. Pas de sensation de vertige qui m’emportait comme lorsque j’étais dans ses bras. Une preuve de plus de ma perversion, je n’étais même pas capable de profiter d’une femme merveilleuse. Je ne sais pas si elle s’en rendait compte, si elle voyait que j’étais moins passionné pendant nos étreintes que je ne devrais l’être. Il ne l’a jamais dit, ne s’en ait jamais plaint, et je ne faisais que me sentir mal davantage.

Puis j’ai perdu la dernière personne qui comptait à mes yeux. Mon père est mort. Le pilier de ma vie, celui qui avait toujours été là pour moi. Il m’abandonnait, me laissait seul dans ce monde, seul pour faire face à mes démons.

Elle était là désormais pour moi. Elle est venue avec moi aux funérailles, se tenant à mes côtés pendant qu’on ensevelissait son corps. J’aurais dû me sentir mieux de sentir sa main chaude serrant la mienne, tirer un peu de réconfort de ce simple contact. Il n’en était rien. Mes yeux étaient fixés sur lui et n’arrivaient plus à le lâcher. Il était venu. Malgré tout ce que j’avais fait, tout ce que j’avais pu lui dire, il était là.

La cérémonie s’est terminée et je suis resté à côté de sa tombe. Elle a voulu rester à mes côtés il me semble. Je l’ai simplement ignorée. Je ne voulais pas lui parler. Ses mots tombaient, vides de sens, et ne m’apportaient aucun réconfort. Il n’y était pour rien je le sais. Elle voulait seulement bien faire, trouver une façon de m’atteindre, de m’aider à surmonter ma peine.

Elle est partie et je suis resté seul à côté de sa tombe. Ils étaient tous partis, pour me laisser seul avec ma peine. Alors quand la vue de cette dernière est devenue trop insupportable je suis parti. Je me suis promené un moment parmi les tombes. Le vent était glacial et venait rosir mes joues. Ça m’était égal. J’avais l’impression que plus rien n’avait d’importance maintenant que mon monde s’était effondré.

Puis au détour d’une allée je l’ai trouvé. Il était là. Pourquoi il s’était attardé ça je l’ignorais. Mes pas m’ont machinalement dirigé vers lui. Je me suis arrêté face à lui, ne sachant plus quoi faire. J’en avais envie, tellement. Se blottir dans ses bras serait si facile, me ferait tellement de bien, mais une part de moi s’y refusait, me répétait que ce serait mal que de faire ça. Puis j’ai arrêté de réfléchir. Il m’a brusquement attiré à lui et j’ai retrouvé la chaleur réconfortante de ses bras. Je m’y suis laissé aller, laissant couler les larmes que je refusais de laisser sortir jusqu’à présent. Lui seul savait me réconforter dans ces moment-là, comme quand des années plus tôt c’était ma mère qui m’avait abandonné.

Je suis resté un moment ainsi, puisant du réconfort contre lui. Quand j’ai finalement relevé les yeux je me suis figé d’horreur. Elle était revenue. Elle était là. Elle m’aimait assez pour ne pas me laisser traverser seul ma peine. Seulement au lieu de me trouver seul, elle m’avait vu en larmes dans ses bras. J’ai bien vu la peine puis le dégoût passer dans son regard. Le sentiment de trahison l’emporta finalement en elle et elle fuit.

J’ai tenté un bref instant de le rattraper avant de laisser tomber cette entreprise futile. Et même si je la rattrapais, que pourrais-je bien lui dire ? Oserais-je lui avouer ce que j’étais ? Cette part de moi contre laquelle j’avais du mal à lutter, celle qui me poussait à aimer cet homme alors que c’était mal et contre nature, oserais-je la reconnaitre devant elle ? Pourrais-je lui dire à quel point j’étais horrible avec elle, que je vivais dans le mensonge en vivant à ses côtés, tentant de me persuader que j’étais quelqu’un de normal alors que ce n’était pas le cas ?

Je me suis retrouvé entrain de contempler le vide au bord de la falaise, me demandant ce que je devais faire. Mon esprit tiraillé de tous les côtés. Il y avait cette femme merveilleuse qui m’aimait et avec qui j’étais en train de tout gâcher, qui ne méritait pas ça, qui méritait pas que je sois un homme meilleur, quelqu’un qui prendrait soin d’elle et qui l’aimerait à la folie. Il y avait mon père qui venait de partir, cet homme qui comptait tellement pour moi et que j’avais déjà déçu à de nombreuses reprises. Et puis il y avait lui… cet homme que j’aimais plus que tout, même si c’était mal, même si ça me faisait tellement souffrir d’être loin de lui, même si c’était contre nature et que j’aurais dû résisté.

Ça a été trop pour moi. J’ai contemplé ce vide en face de moi. Je me suis dit que tout serait tellement plus simple si je me laissais simplement aller, si je faisais ce petit pas en avant. Quelques secondes encore et puis le vide. Plus de douleur étreignant ma poitrine. Rien… rien d’autre que le néant.

J’ai vaguement entendu un cri derrière moi… puis cette chute qui semblait ne jamais vouloir s’arrêter et enfin… le néant…

Je sais ce que vous pensez. Comment est-ce que je peux être en train de vous raconter mon histoire si je suis mort ? Je sais, c’est impossible. Et que ce soit mon fantôme qui parle c’est un peu trop déjà vu.

Alors reprenons le fil de mon histoire à l’instant présent, quand je me suis réveillé à l’hôpital. Gardez en mémoire tout ce que je vous ai déjà raconté mais tenez compte d’un nouveau détail, moi je ne sais pas tout ça. A mon réveil j’avais oublié une grande partie de ma vie. Arrêtez-vous à quand j’avais dans les seize ans, quand j’étais encore éperdument amoureux de Simon, inconscient de tout ce que notre amour pouvait être. Remontez à une époque où mon père n’était pas encore au courant de ce que nous faisions ensemble. Tirez un immense voile à partir de cet instant, recouvrant le reste de ma mémoire, allait ainsi jusqu’à mes vingt-quatre ans et vous aurez l’état de ma mémoire à mon réveil.

Mais replongeons dès maintenant dans le présent…

Je tente de bouger faiblement dans mon lit. J’ai l’impression que chaque parcelle de ma peau me fait souffrir. Mes muscles me semblent endoloris. J’ai du mal à les mobiliser pour réussir à bouger. Je tente de prendre une inspiration mais aussitôt je remarque une sensation plus désagréable encore que celle de mes muscles fatigués. Un tube obstrue ma gorge. Aussitôt je me mets à paniquer et m’agite faiblement essayant de dégager cet intrus de ma gorge. Je vais mourir, étouffer par ce tube. Puis je sens mes poumons se gonfler tout seul et se dégonfler. Je ne peux plus respirer seul, juste subir l’impulsion d’air de ce tube et tenter de luter vainement contre celui-ci.

Je tente d’ouvrir un œil mais le referme aussitôt agressé par la lumière blanche trop violente. Des bruits se font entendre à côté de moi, des voix qui parlent rapidement. Je ne comprends pas ce qu’elles disent, je perçois juste la panique et par moment de l’excitation. Je ne sais pas ce qu’il se passe. Je ne peux pas parler, le tube dans ma gorge m’en empêche. Je tente d’ouvrir mes yeux une seconde fois. Cette fois la lumière me fait moins souffrir et je parviens à distinguer les personnes autour de moi. Une femme tout de blanc vêtue se penche au-dessus de moi et m’explique que je suis à l’hôpital. Le tube dans ma gorge était là pour m’aider à respirer mais qu’elle allait me l’enlever désormais. J’obéis à cette femme, tentant de prendre une grande inspiration quand elle me le demande. Le tube sort enfin, me provoquant une vive quinte de toux mais quand je me réinstalle je me sens mieux. Mes muscles me font toujours souffrir mais je peux respirer plus facilement.

Mon regard dérive sur les visages autour de moi. Je fronce les sourcils alors qu’aucun d’entre eux ne m’est familier. Mais surtout ce qui me perturbe, c’est que celui que j’aimerais voir par-dessus tout n’est pas présent. Les mots sortent tout seul. C’est une voix rauque que j’entends prononcer :

« Où est Simon ? »

Une quinte de toux me prend à nouveau, m’arrachant une grimace de douleur. Les visages autour de moi se figent avant de se regarder inquiet, ne sachant apparemment ce qu’ils sont sensés me dire. C’est là que je commence à paniquer davantage. Je ne sais pas ce que je fais dans ce lit d’hôpital. Je ne sais pas ce qui m’est arrivé. La dernière chose dont je me souviens c’est d’être rentré chez moi après avoir passé l’après-midi chez Simon. Et je ne comprends pas pourquoi il n’est pas là avec moi, pourquoi ce sont ces étrangers qui m’accueillent à mon réveil.

C’est finalement une jeune femme qui se détache et s’assoit à côté de moi pour venir me parler. Elle m’explique que je suis à l’hôpital, que je suis resté un moment dans le coma. J’aurais eu un accident de voiture et ça serait pour ça que je serais là. Je ne comprends rien. Je ne me souviens même pas avoir été en voiture ni avoir eu un accident.

« Je… je ne m’en souviens pas… »

La femme qui m’a enlevé le tube reprend la parole à ce moment-là. Elle m’explique qu’il est normal que je ne me souvienne pas de l’accident, que souvent le cerveau agit ainsi pour se préserver du traumatisme de l’accident. Ca expliquait certaines choses en effet mais pas tout. Je demandais à nouveau, mon esprit bloqué sur cette pensée.

« Où est Simon ? Je veux le voir… »

Il devait être là, je ne comprenais pas que ce ne soit pas le cas. L’une des personnes qui comptait le plus dans ma vie n’était pas à mon chevet alors que je venais d’avoir un accident. Ce n’était pas possible, à peine croyable. Il devait être là. Ou alors peut-être avait-il eu un empêchement. Mon visage pâlit alors qu’une autre idée venait m’effleurer.

« Il ne lui est rien arrivé ? Il n’était pas avec moi au moins ? Et où est mon père ?? »

A nouveau ces regards gênés qu’ils s’obstinent à échanger. Je ne comprends rien à ce qu’il se passe. J’ai de plus en plus l’impression qu’ils me cachent quelque chose et j’aimerais savoir quoi. Qu’y a-t-il de si affreux pour qu’ils refusent de m’en parler. C’est finalement la jeune femme à côté de moi qui me répond à nouveau. Elle m’apprend que mon père était dans l’accident et que je ne peux pas le voir pour le moment. Je hoche doucement la tête et ferme les yeux. J’ai mal au crâne. J’ai mal partout. J’aimerais juste pouvoir dormir et me laisser aller dans les bras de Simon. Mais il n’est pas là. Et cette femme qui a l’air de savoir tellement de choses ne semble pas vouloir me répondre. Je rouvre finalement les yeux et la fixe avant de lui demander.

« Mais… qui êtes-vous ? Que faites-vous là ? Et où est Simon ? Ce n’est pas normal qu’il ne soit pas là. »

Je me retiens de lui dire que j’ai besoin de lui. Elle n’a pas besoin de savoir ce qui se passe entre lui et moi. Je ne le comprends pas vraiment moi-même. Je sais juste que j’ai besoin de sa présence à mes côtés et pas de celle de ces étrangers.

Elle se fige à nouveau et je la vois hésiter tandis que son visage se transforme en masque de douleur. Elle est au bord des larmes et semble tenter de se retenir. Je me mets à craindre le pire. Il lui est arrivé quelque chose de terrible. C’est pour ça qu’il n’est pas là à mes côtés, qu’elle ne veut pas me répondre. Il est mort… On me l’a pris… Mon Simon… Ce n’est pas possible… Il ne peut pas m’avoir abandonné… Pas lui… J’ai trop besoin de lui…

Je sens un poids qui opprime ma poitrine. Je n’arrive même pas à pleurer. Ma douleur est au-delà des larmes. Simon… Mon Simon… Disparu à tout jamais… C’est un cauchemar… Je veux m’endormir et ne plus jamais me réveiller… Pas si c’est dans un monde où je ne peux pas être avec lui…

Je lui demande alors d’une voix tremblante et toujours un peu rauque.

« Il est mort c’est ça… ? »

J’ai peur d’entendre la réponse mais j’ai besoin de savoir. Pourquoi n’est il pas là avec moi ? Que lui est il arriver ? Il faut qu’elle me réponde, qu’elle m’explique pourquoi elle a l’air de souffrir tellement. C’est la seule explication rationnelle que je trouve.

Elle se décide enfin à me parler. Elle ne sait pas de qui je parle. Elle ne sait pas qui est ce Simon. Puis la voix aussi tremblante que la mienne un peu plus tôt elle me demande si je sais qui elle est.

Je secoue la tête en fronçant les sourcils. Je ne comprends plus rien à cette histoire. Je me demande même un instant s’ils ne se sont pas trompés de patient. Je ressemble peut être trop à un de leur proche et ils ont confondu nos deux noms. Je ne les connais pas et ils ne semblent pas connaitre les personnes importantes dans ma vie.

La femme qui m’a retiré le tube, surement le médecin, s’approche à nouveau de moi et commence à me poser des questions toutes plus absurdes les unes que les autres. Quel jour on est ? En quelle année ? Qui est le président ? Et tout un tas d’autres conneries du genre. A chacune de mes réponses hésitantes je vois la jeune femme à côté de moi s’effondrer de plus en plus.

Et puis la vérité tombe enfin, éclairant tout en un instant. Je n’avais pas seize ans. Je ne revenais pas d’un après midi chez Simon quand on a eu cet accident. J’ai vingt quatre ans… Ca fait pratiquement un an que je suis dans le coma, que mes proches attendent que je me réveille et désespéraient de me voir revenir à moi.

Je reste muet, frappé de stupeur. La jeune femme à côté de moi se laisse finalement aller à pleurer. Elle m’explique qu’elle est ma petite amie et me demande à nouveau si je ne me rappelle pas d’elle.

Je ne peux que secouer la tête et lui confirmer une fois de plus que non. Elle s’effondre pour de bon, s’agrippant à ma main comme si sa vie en dépendait. Je me dégage doucement et leur demande de sortir à tous. Je ne veux plus les voir. C’est trop, trop de choc en un instant. Je tente de fouiller dans ma mémoire, trouver une vague trace de souvenir d’elle, des années que j’ai perdu, mais rien… le trou noir.

C’est trop difficile de la voir me pleurer comme si j’étais mort alors qu’elle n’est rien à mes yeux, juste un visage inconnu sans nom dessus. Et toujours cette question à laquelle ils n’ont toujours pas donné de réponse. Où est Simon… ?

Les jours ont passés, puis les semaines. J’ai récupéré de mon accident. Mes muscles ont commencé à fonctionner normalement à grand renfort de séances intensives de kiné. Elle est là tous les jours. Elle me soutient dans mes efforts pour remarcher. Et puis elle me parle. De notre vie à tous les deux, de nos cours à la fac du coin, de nos amis, des sorties que nous faisons. Elle tente de raviver ma mémoire je le sais. Pourtant, quand après m’avoir raconté un énième souvenir elle se retourne vers moi en souriant, me demandant si cela évoque quelque chose chez moi, elle se heurte toujours à la même réponse qui la brise davantage : non rien…

Je sais que je vais devoir retourner avec elle à ma sortie de l’hôpital. Je ne peux pas voir mon père pour le moment, on ne m’a toujours pas dit pourquoi. J’attendrais, ce n’est pas grave. Je sais déjà qui j’irais cherchant en sortant d’ici. Il faut que je le retrouver, que je le vois. Je sais que lui pourra me répondre.

Je dois retrouver mon Simon…



Dernière édition par Noah McDermott le Ven 8 Juil - 16:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Remember the day ♦ Noah   Ven 8 Juil - 15:19

hey soit le bienvenue monsieur :)
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MessageSujet: Re: Remember the day ♦ Noah   Ven 8 Juil - 15:32

QUEL BEAU GOSSE.

bienvenue chez toi mon bichon, bon courage pour ta fichounette, si tu as la moindre question n'hésite pas à harceler le staff, on aime tellement ça I love you

Citation :
LE PETIT MOT DE LA FIN ○ NUTELAAAAAAAAAAAAAA!!!!!!!!!!!!!!

j'aurais pas dit mieux
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all we do
verres de whisky : 1567
Voir le profil de l'utilisateur http://allwedo.forumactif.org/t644-sarah-give-me-love#7450

MessageSujet: Re: Remember the day ♦ Noah   Ven 8 Juil - 16:06

JULIANNNN + NOAH =
biennnvenueeeeeee & bonne chance pour ta fiche !! hâte de te découvrir et je viendrais s'en doutes quémander un lien !


C'est vide là. Dans toutes les pièces là. Dans tous les cœurs là. C'est plus la même là. C'est vide là. Où y avait les rires là. Où y avait la fête là. Et ça fait mal là. Alors on danse encore. Sur les mêmes musiques, les mêmes pas. On s'embrasse on s'embrasse encore plus fort. Comme si c'était là la dernière fois. Aussi loin que tu pars...Ton sourire en écho. Ton sourire en écho. Reste là sur ma peau

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MessageSujet: Re: Remember the day ♦ Noah   Ven 8 Juil - 16:24

Bienvenue à toi
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all we do

MessageSujet: Re: Remember the day ♦ Noah   Ven 8 Juil - 16:29

Merci tout le monde!

Je pense que j'ai terminé ma fiche.
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all we do

MessageSujet: Re: Remember the day ♦ Noah   Ven 8 Juil - 16:52

Félicitations !
bienvenue dans la famille ♥️
j'adore ton petit personnage, j'ai vraiment hâte de le voir en action




Bienvenue dans notre petit famille
N'hésite pas à jeter un coup d'oeil au bottin pour être certain que ton avatar y est inscrit !
Tu peux dès à présent te trouver un petit toit mais également un petit job pour payer tout ça !
Tu pourra évidemment agrandir ton cercle d'amis et familiale en te dirigeant vers les scénarios et pré-liens !

Pour finir, merci d'avoir posé ton divin petit cul sur ce bout de paradis et nous espérons que tu y vivra une magnifique aventure.
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all we do

MessageSujet: Re: Remember the day ♦ Noah   Ven 8 Juil - 16:53

Merci beaucoup.

Je vais pouvoir aller m'occuper de mon Simon ^^
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all we do

MessageSujet: Re: Remember the day ♦ Noah   Ven 8 Juil - 21:30

Bienvenue ^^
Excellent choix d'avatar et qu'elle histoire ^^
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MessageSujet: Re: Remember the day ♦ Noah   Sam 9 Juil - 9:53

BIEVENUUUUUUUE !
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MessageSujet: Re: Remember the day ♦ Noah   Mar 12 Juil - 15:28

JULIAN. godamn ce forum de bombasses.

Bienvenue parmi nous, avec un poil de retard
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MessageSujet: Re: Remember the day ♦ Noah   

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Remember the day ♦ Noah

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